Vie privée et démocratie

Vous trouverez dans cet article, quelques points intéressants de ce que je retiens de la conférence d’Eben Moglen sur le rapport entre vie privée et démocratie au regard des révélations d’Edgar Snowden sur la NSA.

Le Document initial est là, la traduction est là.

Nous avons perdu l’éthique de la liberté

Quels sacrifices sommes nous prêts à  faire pour défendre le concept de liberté. Pouvons-nous encore nous présenter comme la patrie de la liberté, sachant quels agissements nous cautionnons ? Dans l’article, Eben Moglen parle des États-Unis, mais ses propos peuvent, au regard de notre histoire et des choix récents de la France, parfaitement s’appliquer à  notre patrie.

Avoir une vie privée

C’est :

  • la confidentialité des échanges (ce que j’ai à  dire à  quelqu’un ne doit être connu que de nous deux).
  • l’anonymat (personne d’autre que moi et mon correspondant n’a besoin de savoir qui envoie ou qui reçoit un message).
  • l’autonomie (… notre capacité à  libérer nos décisions de vie personnelle de toute force ayant violé notre confidentialité ou notre anonymat…)

Les deux affirmations « C’est sans espoir, la vie privée n’existe plus, à  quoi bon lutter ? » et « Je ne fais rien de mal, pourquoi devrais-je me soucier de préserver ma vie privée ? » peuvent être combattues par les faits suivants :

Le désespoir est une maladie qu’on veut nous voir attraper, pas une maladie inéluctable.

Les espions repentis comme Snowden nous ont indiqué que certains moyens de communication restaient malgré tout difficiles à  écouter. Nous avons le droit de passer inaperçu, de parler à  voix basse ou de parler une langue que ceux qui écoutent ne comprennent pas. Mais je trouve que les questions suivantes résument mieux les enjeux de ce deuxième point : Voudriez-vous qu’on sache où, quand, combien de temps et avec qui vous allez aux toilettes ou vous avez un rapport sexuel ? Pourtant, vous ne faites rien de mal …

L’accès le plus basique au savoir et à  l’information se fait (encore) par la lecture, mais cela s’applique aussi à  la vidéo.

Sans anonymat de la lecture il n’y a pas de liberté de l’esprit. Sans anonymat de la lecture, il n’y a pas de démocratie.

Que se serait-il passé si, au 20 siècles, tous les livres lus avaient signalé leurs lecteurs à  des éditeurs ? C’est pourtant ce qui se passe aujourd’hui, pour chaque page internet que nous lisons, sachant qu’en plus de l’éditeur, des multinationales et des états ont aujourd’hui le droit / l’habitude de connaître chacune de nos lectures.

Vous trouverez ci-dessous quelques liens sur des mesures et dispositifs propres à  préserver notre vie privée sur internet :

Donnez des moyens aux organisations qui luttent pour préserver nos droits et libertés à  l’ère d’internet !

La quadrature du net ou à  l’EFF ou à  l’APRIL.

12 conseils triviaux pour protéger sa vie privée sur internet : Une traduction de l’article de l’EFF (Electronic Frontier Foundation)

L’association Framasoft accompli pour vous un effort titanesque pour dégoogliser internet ! Allez sur le site du projet et commencez à  vous affranchir d’une partie de l’asservissement et de la surveillance « volontaire » à  laquelle nous consentons en utilisant des service « gratuits » centralisés.

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