Présentation du système GNU/Linux

Cet article a été écrit en 2006

GNU/Linux est un système d’exploitation. Découvrez ses origines, ses multiples formes et forces !

Cette présentation est une version simplifiée des articles présents sur Wikipedia, en particulier, celui sur Linux. Vous trouverez la présentation correspondante en pdf ou le document source au format odp.

Introduction

Le système GNU/Linux, appelé communément Linux, est un ensemble complet de logiciels qui permet de faire fonctionner un ordinateur. C’est un système d’exploitation, c.à .d un programme qui permet d’exploiter le matériel de l’ordinateur, livré avec un ensemble d’applications permettant d’effectuer des tâches aussi variées que rédaction de courriers, établir des communications électroniques, traiter des images, etc. le tout intégré dans un système cohérent et unifié. C’est beaucoup plus que l’équivalent libre d’un Windows + applications tierces, nous allons voir pourquoi.

Historique

Union Libre : pour le meilleur et le meilleur

Le Projet GNU

– Richard Stallman, né le 16 mars 1953 à  Manhattan, NYDC, entre au MIT département Intelligence Artificielle en 1971. Pratique le logiciel libre qui était la norme à  l’époque (à  cause du coà»t des machines -> peu d’utilisateurs = aide bienvenue). Le MIT disposait d’une imprimante graphique Xerox aux pilotes libres, que le MIT avait améliorer pour avoir la notification des événements comme la fin d’une impression, le bourrage papier, etc. Xerox changea alors l’imprimante pour une plus rapide, une des premières imprimantes laser. Le pilote était propriétaire : pas moyen de l’améliorer. Les problèmes sont resté irrésolus et la frustration de RMS a grandi.

– En 1984, Richard Stallman, quitte le MIT pour lancer le projet GNU (acronyme récursif : GNU is Not Unix) – qui vise à  fournir un système d’exploitation complet, compatible Unix, entièrement composé de logiciels libres (par opposition aux logiciels propriétaires).

– En 1985, il fonde la Free Software Foundation, afin d’aider au financement du projet GNU et au développement des logiciels libres.

– En 1989, il rédige avec Eben Moglen la license GPL (GNU General Public License) qui fixe et protège, sous une forme juridiquement valide (au moins aux États-Unis d’Amérique), les droits et devoirs associés aux logiciels développés à  l’intérieur du projet GNU.

– En 1990, le projet GNU avait produit des composants logiciels d’un système d’exploitation (compilateur, éditeur de texte, interpréteur de ligne de commande, etc.), mais pas son cœur : le noyau (le programme principal qui gère les accès mémoire, agence les tâches demandées au processeur, règle les entrées-sorties, etc.) C’est donc sous le nom de Hurd que Stallman décida de lancer la production de ce noyau, dérivé du micro-noyau Mach (dont un dérivé se trouve aujourd’hui au cœur de MacOS? X). Cependant, son développement s’est avéré pénible et le projet a stagné pendant longtemps. Réalisation : 361 logiciels GNU répertoriés sur le site directory.fsf.org dont autogen, automake, bash, Emacs, Gimp, parted ou GPGNoyau Hurd en phase testing. Va évoluer rapidement vers quelque chose de fonctionnel, puisqu’une distribution Debian GNU/Hurd a vu le jour récemment. Divers initiatives : Reconnaissance des logiciels libres comme patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, initiative EUCD.info – siège au CSPLA

Le noyau Linux

Linus Torvalds, Finlandais d’origine suédoise, est né en 1969 à  Helsinki. Très jeune, il s’intéresse à  la programmation, sur les ordinateurs de son grand-père, prof de statistique à  l’université, puis sur des commodores et enfin un Sinclair QL.

A l’Université, il se spécialise en informatique et découvre le monde Unix grâce au projet d’Adrew Tanenbaum : Minix. Il écrit tout d’abord un émulateur de terminal compatible Minix, puis un système de fichier. Puis il fait l’achat d’un AT-386, bête de course de l’époque.

En 1991, il se lance dans un projet qui vise à  créer un noyau de système d’exploitation compatible Unix et qui fonctionnerait sur un ordinateur personnel de type Intel 386. Il annonce alors sur internet la disponibilité de son projet et invite d’autres personnes à  collaborer. Plus tard, il placera son projet sous licence GNU GPL, permettant ainsi à  des centaines de contributeurs de participer à  l’amélioration son projet. Initialement appelé Freax, c’est Ari Lenk, administrateur du serveur FTP ftp.funet.fi, qui héberge le travail de Linus Torvalds qui donnera au projet le nom de Linux (Linux Is Not UniX) terme composé à  partir de Linus et Unix, qui deviendra par la suite une marque déposée au nom de Linus Torvalds. Le manchot Tux (Torvalds UniX), dessiné par Larry Ewing en 1996, devient le symbole du projet.Les deux projets progressant grâce au travail collaboratif, sous la même licence se sont naturellement rencontrés, Linux apportant à  GNU ce qui lui manquait : un noyau fonctionnel et GNU l’environnement de développement et les applications autour du noyau.

Les distributions

Les logiciels libres sont produits de manière collaborative, souvent indépendamment les uns des autres, et peuvent être librement redistribués. Il s’en suit une particularité du monde Linux : la séparation entre ceux qui produisent les logiciels et ceux qui les distribuent.On appelle Distribution Linux une solution prête à  être installée par l’utilisateur final comprenant un noyau Linux, des programmes d’installation et d’administration de l’ordinateur, un mécanisme facilitant l’installation et la mise à  jour des logiciels comme RPM ou dpkg ainsi qu’une sélection de logiciels produits par d’autres.Une distribution est un ensemble de choix : environnements graphiques, configuration par défaut du système, du suivi de sécurité (installations de mise à  jour) et plus généralement de l’intégration de l’ensemble.

La diversité des distributions permet de répondre à  des besoins divers :

  • à  but commercial ou non ;
  • orienté serveur, bureautique ou embarqué ;
  • orienté grand-public ou public averti ;
  • généraliste ou spécialisée pour un usage spécifique (pare-feu, routeur réseau, grappe de calcul…) ;

Parmi les plus célèbres distributions, on peut citer :

  • Slackware, éditée par Patrick J. Volkerding depuis 1992 ;
  • SuSE, éditée par Novell, existe depuis 1992 ;
  • Red Hat, éditée par l’entreprise américaine du même nom (depuis 1994) qui participe également au développement de Fedora Core ;
  • Debian, éditée par une communauté de développeurs depuis 1996;
  • Mandriva (ex-Mandrake), éditée par une entreprise française depuis 1998;
  • Ubuntu, éditée par Canonical depuis 2004 ;

Mais il existe bien d’autres distributions, dont des distributions spécialisées réseau qui tiennent sur une disquette 1,44 Mo. Les CD live comme Knoppix, sur lesquels se trouvent un système d’exploitation et des logiciels utilisables sans installation préalable, sont devenus un support très populaire de démonstrations d’utilisation de Linux.

Où trouve-t-on Linux ?

On trouve des systèmes GNU/Linux ou Linux dans les serveurs informatiques. Par exemple, LAMP – Linux + Apache + MySQL + PHP, occupe 10% des parts de marché des serveurs web. Apache, 70% des serveurs web indépendamment de la plateforme. Dans les grappes d’ordinateurs, comme celles qui sont utilisées par le moteur de recherche Google.  Dans les superordinateurs. En novembre 2005, Linux fait tourner 74% des cinq cents plus puissants ordinateurs du monde (contre 20% pour UNIX) dont les plus puissants, les deux serveurs Blue Gene d’IBM (40’960 et 131’072 processeurs). Dans les systèmes embarqués, comme la Freebox, une gamme de téléphones portables de Motorola, l’assistant personnel Sharp Zaurus, certains routeurs de Linksys, ainsi que de nombreux routeurs WLAN, les lecteurs de salon DivX de Kiss, etc. Et de plus en plus, sur les ordinateurs personnels, même si leur part de marché est difficile à  évaluer en raison du mode de distribution des systèmes GNU/Linux.

Linux dans votre ordinateur

Tout un chacun peut installer un système GNU/Linux dans son ordinateur :

GNU/Linux peut cohabiter avec un système d’exploitation propriétaire grâce aux boot loaders Lilo ou Gurb, par exemple. Il faut alors partitionner le disque dur de sa machine, et installer Linux sur la partie du dd qu’on lui a réservé. Le chargeur de démarrage permet de choisir d’une manière simple le système d’exploitation que l’on désire lancer.

Les programmes d’installation développés par les distributeurs Linux n’ont rien à  envier à  ceux de l’OS de Redmond. Sur Mandriva, par exemple, tout se fait à  la souris dés le début. L’installation d’un système GNU/Linux complet prend 20 minutes sur un ordi rapide, on ne reboot qu’une seule fois, à  la fin du processus d’installation. L’OS, les drivers, et les applications tierces ont été installées et configurées automatiquement (dans le meilleur des cas).

Dans un système GNU/Linux, OS et environnement graphique sont des couches distinctes. Il existe plusieurs environnements graphiques présentant chacun un rapport fonctionnalités / performances différent. Les deux projets les plus importants sont KDE et Gnome.

  • KDE, lancé en 1996, présente des outils propres et intègre beaucoup d’autres outils permettant d’exploiter son ordinateur. C’est le plus complet, mais le plus lourd des environnements graphiques.
  • Gnome, lancé en 1997, est plus épuré, et fait le choix de ne mettre en avant que certains outils et applications. Il est plus léger que KDE.
  • Enlightenment, est un gestionnaire de fenêtres et un environnement graphique léger et entièrement paramétrable et d’une modularité très poussée.
  • XFCE est un environnement graphique réalisé à  la base par une équipe de Toulouse. Il est léger et compatible avec les spécifications du projet Gnome. Il présente également des outils propres, tels navigateur de fichiers, gestion des imprimantes, etc.
  • Ion est un environnement graphique minimaliste. Chaque application graphique occupe tout ou portion verticale de l’écran, et l’on passe d’une application à  une autre en cliquant sur l’onglet qui la représente.

Les applications bureautique, internet, multimédia etc compatibles avec les standards de droit ou de fait, assurent une adaptation des systèmes GNU/Linux à  la plupart des situations de travail/loisir. La suite internet Mozilla (Firefox, Thunderbird, Sunbird, NVu) ou la suite bureautique OpenOffice.org remplissent la plupart des fonctions bureautiques courante, mais il existe des milliers d’autres applications qui fonctionnent sur presque tous les systèmes GNU/Linux. Sur une distribution Debian, par exemple, c’est plus de 8000 logiciels qui sont installables grâce à  une simple commande.

La compatibilité avec les ordinateurs sous système d’exploitation propriétaire est assurée par le reverse engineering au niveau des systèmes de fichiers (bémol pour NTFS et le futur WinFS), des formats de fichiers (word, excel, & Co.). Certains programmes permettent de faire fonctionner dans l’environnement GNU/Linux des applications écrites pour Windows, par exemple. Samba émule les protocoles de partage de fichiers et d’imprimante de Windows. Wine émule les ressources auxquelles Windows fait appel. Il ne requiert pas que Windows soit installé mais permet de faire tourner certaines applications. CrossOver Office est sa version payante. Win4Lin et VMWare sont des émulateurs de matériel à  l’intérieur desquels il faut installer une version d’un système d’exploitation.

Les avantages présentés par GNU/Linux

Linux présente des avantages en terme de liberté, celles qui sont accordés à  tous les logiciels sous licence libre :

  • la liberté d’utiliser le GNU/Linux pour n’importe quel usage et par tout le monde
  • la liberté d’étudier les logiciels qui le composent, et de les adapter à  ses besoins
  • la liberté de redistribuer des copies d’un système GNU/Linux comme de son code source
  • la liberté d’améliorer les programmes et de publier leurs modifications, pour en faire profiter toute la communauté

Linux présente des avantages en terme de sécurité : GNU/Linux a été construit par et pour une communauté. L’entraide et la connaissance sont des valeurs propagées par les promoteurs des systèmes GNU/Linux. On trouve de nombreuses ressources sur internet qui permettent de comprendre, d’installer et de paramétrer un système GNU/Linux. Les logiciels libres, en général, ne sont dépendent pas de produits commerciaux et sortent « quand c’est prêt », ce qui assure une meilleure qualité qu’un produit soumis à  la pression du marketing. Exemple : Il a fallu attendre 3 ans entre les deux dernières versions stable de Debian. Le fait que le code source soit publié assure également que plus de paires d’yeux puissent le scruter et déceler les failles de sécurité pour les réparer plus rapidement. Linux implémente la séparation stricte des privilèges ce qui limite la possibilité pour les programmes malveillants de prendre le contrôle de l’hôte des comptes utilisateurs. De plus, les distributions GNU/Linux sont paramétrées avec par défaut avec des choix qui tiennent compte de la sécurité du système. Les systèmes GNU/Linux fonctionnent sur une grande variété de microprocesseurs (architectures). Il existe également une grande variété de distributions GNU/Linux avec des noyaux différents, des applications différentes, etc. Ces deux faits constituent une diversité qui fait obstacle à  la diffusions de programmes malveillants. Linux présente des avantages en terme de stabilité : Avec des mises à  jour régulières, il n’y a que les coupures de courant qui puissent forcer un ordinateur bien maintenu sous GNU/Linux à  rebooter (légende urbaine – quoi que …) Linux présente des avantages en terme de sécurité : Code source disponible (Citation de Eric S. Raymon : « Given enough eyeballs, all bugs are shallow »), séparation des privilèges, etc. Linux présente des avantages en terme de coûts d’acquisition : Dans l’économie des Logiciels Libres, on ne vend plus un produit, mais des services associés. Vous pouvez vous procurer une distribution en magasin, avec un livret et une assistance technique, en téléchargement préférentiel (payant à  l’unité ou par adhésion au « club » d’une société) ou en téléchargement gratuit. Dans tous les cas, vous pouvez installer cette distribution sur autant de postes que vous désirez.

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